Édito : Écologiquement utile

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Abriter la faune sauvage semble être une réponse contemporaine aux diverses agressions que nous faisons subir à la nature… On verra dans l’introduction de ce dossier que l’histoire des nichoirs n’est pas aussi simple que cela et qu’une fois de plus nous pouvons être victimes de nos pertes de mémoire. Qui se souvient en effet que les nichoirs à oiseaux ont d’abord été des pièges ?

D’un autre côté, force est de constater que c’est avec une incroyable constance que nous détruisons les habitats naturels qui fournissent le gîte et le couvert à une grande diversité d’animaux… Et c’est bien pour compenser ces dégâts que nous tentons, avec beaucoup de parcimonie, de réparer ce qui est souvent irréparable ! Cela s’appelle mettre un pansement sur une jambe de bois.

En d’autres termes, cette réponse ne serait-elle pas une manière comme une autre de nous donner bonne conscience ? à méditer.

S’il est vrai que nos mesures de compensation ne réparent pas grand- chose, elles permettent pourtant à de nombreuses espèces de survivre dans un milieu qui leur est devenu hostile. Notre impact industrieux sur la nature sauvage ne peut être nié.

Par conséquent, si l’on ne prend en compte que le différentiel extrêmement négatif entre l’ampleur des dégâts causés et les tentatives de raccommodages, on peut légitimement s’interroger sur la finalité d’un tel comportement, tant il paraît évident que nous sommes en train de scier la branche de l’arbre sur laquelle nous reposons !

En revanche, si l’on considère la multiplicité des initiatives individuelles positives qui vont dans le sens d’une réconciliation avec la Nature, on ne peut qu’y trouver une véritable source d’espoir.

En effet, si sur la globalité des actes de nos sociétés nous n’avons que peu de prise, en revanche de nos actes individuels nous sommes entièrement responsables. Nous sommes nombreux à penser que la réponse aux maux, que nous créons ensemble, se trouve dans une réponse individuelle appropriée, conscientisée et démultipliée. Prendre individuellement nos responsabilités a d’autant plus de sens que nous sommes nombreux à le faire. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, dit-on ! Plus nous serons nombreux à reconstituer dans nos espaces de vie, du balcon au champ, en passant par le jardin, des écosystèmes diversifiés, et plus rapide sera cette nécessaire reconnexion à la nature qui nous fait tant défaut aujourd’hui.

Et plus nous serons en mesure d’inverser le cours des choses, y compris les grands choix politiques qui déterminent l’avenir de la planète.

On est loin des nichoirs me direz-vous ? Non, notre thématique entre en plein dans cette dynamique. Faire de la vannerie, c’est bien, en faire un acte civique, c’est encore mieux. Faire des nichoirs, ou les acheter aux artisans locaux, c’est écologiquement et socialement utile ! Responsable pour employer un mot à la mode.

Si la faune sauvage n’a jamais autant souffert de nos c…, cela signifie aussi qu’elle n’a jamais eu autant besoin de nous. Alors, allons-y, lâchons-nous, fa- briquons et posons des tonnes de nichoirs et d’abris en vannerie de toutes sortes. Apprenons où et quand les poser, à les entretenir aussi, pour qu’ils durent le plus longtemps possible. Au plaisir du bel objet, réalisé de ses mains, avec des matériaux naturels, s’ajoute le bonheur d’offrir un gîte confortable aux insectes, mammifères ou oiseaux dont nous souhaitons qu’ils continuent de partager notre espace de vie et notre quotidien !

Bernard Bertrand


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