Le dernier pêcheur

philippePhilippe est pêcheur de profession, il partage son temps entre des séjours en mer et d’autres sur la Loire, où il habite… avec sa famille, sur une péniche ! Mais Philippe est aussi vannier, l’un des tout derniers vanniers-pêcheurs professionnels à connaître les secrets des nasses à lamproies…

Perdu sur une île

L’ objet fait rêver, de par sa taille impressionnante, mais aussi de par le savoir-faire que nécessite la confection d’un tel engin… Philippe Cronier a appris sur le tas, alors que, souhaitant changer de vie, il décide d’accompagner un pêcheur en fin de carrière pour reprendre son activité.
À l’époque, pas de plastique, ni de grillage métallique, en tout cas pas pour les nasses de cette taille… Et, autre handicap, le coût que représentent 3 journées de travail, temps nécessaire à sa réalisation. S’il avait fallu les acheter, la pêche n’aurait pas été pas assez rentable… Alors, héritage des temps anciens oblige, les pêcheurs fabriquaient eux-mêmes leurs engins de pêche. Et comme la pêche, la lamproie dont on espère la capture, possède des moeurs bien particulières. La nasse qui porte son nom se tresse en bords de Loire, et demande un savoir-faire et une habileté qu’envient certains vanniers professionnels !
C’était hier, il y a moins d’une décennie ; chaque hiver, Philippe s’isolait sur l’île et réparait les engins abîmés. Et chaque année il en fabriquait de nouveaux, pour renouveler les nasses trop usées par les courants auxquels rien ne résiste !

En attente d’un nouvelle vie

Ce printemps, le temps d’une transmission, il est revenu sur son île nous montrer les secrets de fabrication de cette vannerie originale. De pêcheur, il est philippe1devenu professeur, décortiquant pour nous chaque geste, afin d’en conserver la mémoire, mais aussi pour nous accompagner dans notre envie de réaliser une de ces nasses ! Un fantasme sans doute, pour nous, vanniers naïfs, mais aussi une sacrément belle aventure ! Aujourd’hui, Philippe pêche avec des nasses en matériaux modernes, À contre-coeur, il a abandonné la nasse en osier. Abandonné n’est sans doute pas le juste verbe, les nasses à lamproies de Philippe sont en attente d’une nouvelle affectation. Décoration intérieure, détournement d’usages ou tout simplement trônant en bonne place dans une salle d’exposition, qu’importe, ce qui compte pour le vannier-pêcheur de lamproies, c’est que ses protégées revivent !

 Vous êtes intéressé par l’acquisition d’une nasse à lamproies
(entre 250 et 300 € selon l’état),
contactez :  Philippe Cronier
256 La Haute Meilleraie
44370Varades
Tél : 06 85 70 64 30

 

Extrait du « LLC n°6 » décembre 2013

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