Les miniatures de Jany – portrait

Après 40 années de travail en mécanique de précision, la retraite arrive. J’ai goûté à la vannerie, y ai pris goût au point de ne plus pouvoir m’en passer ! Pourtant les embûches n’ont pas manqué. Désormais, je fais une vannerie singulière, que vous découvrirez dans ces pages. Pour progresser et échanger, j’aimerais savoir si quelqu’un pratique ce genre de vannerie et quelles sont ses performances. Merci au Lien créatif de me permettre la présentation de ce travail original.

TEXTE ET PHOTOS de Jany Cosme

J’habite la campagne, entouré de beaucoup d’espace et d’animaux ; dans ce contexte, le travail ne manque pas mais pourquoi ne pas voir autre chose ? Je décide de participer à un après-midi cueillette de clématite organisé dans un village voisin dont l’annonce était parue dans un journal local. Au terme de cette excursion, M. Claude Huet, responsable du club de vannerie de Mâle dans l’Orne, m’invite à rejoindre son groupe pour m’essayer au tressage… Et là « Bingo », je suis tombé dedans… Depuis 8 ans maintenant, je participe à toutes les séances du jeudi de fin octobre à fin avril. Nous sommes un petit club sympa, très dynamique (35 adhérents). Nous participons à des manifestations locales et régionales (marchés de Noël, marchés artisanaux et autres). Pour le contact et les échanges, c’est merveilleux. À noter qu’un petit groupe s’est déjà fait remarquer avec la parution d’un article sur les ruches dans le numéro 18 du Lien créatif de décembre 2016.

Comme tout le monde, j’ai commencé par de simples sujets : mangeoires, nichoirs ; puis on attaque le panier local, le Percheron… Un deuxième, puis un troisième ensuite ; c’est l’escalade : panier rond, corbeille etc. Très vite Claude a compris que j’avais une autre vision de la vannerie. J’ai été confronté toute ma carrière professionnelle aux plans, aux cotes, aux gammes de montage et autres normes. Terminé ! À moi la liberté d’expression ! Alors, j’ai mis de côté les règles de tel ou tel panier. Bien sûr en tant qu’ancien ajusteur, je me devais de fabriquer mes propres outils et accessoires au fur et à mesure des besoins.
Les années passant, je m’oriente vers de plus petites réalisations qui plaisent beaucoup, ce qui m’encourage. Je me lance dans la recherche de nouveaux matériaux insolites (fibre végétale, racines et autres crins animaux). Malheureusement, il y a trois ans la santé m’a fait défaut : crises de polyarthrite aigüe, j’ai donc été privé de vannerie pendant plusieurs mois. À la reprise, je me suis consacré principalement à de petits ouvrages, qui plaisent beaucoup à mon entourage. Toutes les personnes qui les découvrent ont toujours cette même réflexion, en forme de boutade :
« Plus petit tu ne peux pas, c’est impossible ! ». Pour moi, c’est un vrai défi et à chaque fois c’est plus petit, pour en arriver à mon dernier : « une puce » de 11,5 mm de long et 8,5 mm de hauteur, réalisée avec une petite armature en fines clisses d’érable champêtre, des yeux avec un très fin brin de chèvrefeuille et tressé avec les crins que ma jument Urlandia a bien voulu me donner. Bien sûr, on ne parle pas de temps, j’ai mis environ 25 heures pour le réaliser. Et comme toujours, à la fin de ce travail, j’ai entendu cette même réflexion : « Plus petit, c’est impossible tu ne peux pas ! ».
Qui sait ? L’avenir le dira.

Découvrez plus sur Jany et ses réalisations dans LLC21 page 34 au 39